Geo.be, le géoportail fédéral
Geo.be est le point d’accès privilégié de l’information géographique des institutions fédérales belges.
Cette visite exploratoire avait pour objectif d’établir les premiers contacts opérationnels avec les parties prenantes locales et de préparer les prochaines phases du projet.
Il s’agissait principalement de sensibiliser l’Autorité du lac Tanganyika (ALT/LTA) à l’importance de l’interopérabilité de ses données pour la gestion transfrontalière des ressources en eau, en particulier pour le suivi des fluctuations du niveau du lac. L’ALT pourra ainsi promouvoir l’harmonisation des systèmes de référence géodésiques et altimétriques des quatre pays riverains.
Des rencontres ont également eu lieu avec les institutions burundaises (Bureau de centralisation géomatique et IGEBU) qui joueront un rôle central dans la mise en œuvre du système de référence harmonisé. Ces entretiens ont permis à l’IGN de se faire une première idée de l’infrastructure géodésique existante, du cadre institutionnel ainsi que des projets et partenariats en cours liés au cadre de référence géodésique national.
Projet TAKIWAMA : gestion intégrée de l’eau
Le projet « Tanganyika Kivu Water Management » (TAKIWAMA), lancé en 2024, a pour but de mettre en place un réseau commun de surveillance de l’environnement et du climat dans les quatre pays riverains du lac Tanganyika : le Burundi, la République démocratique du Congo, la Tanzanie et la Zambie. Le projet est financé par l’Union européenne et coordonné par Enabel.
En volume, le lac Tanganyika est le deuxième plus grand lac d’eau douce du monde. Il représente environ un sixième des réserves mondiales d’eau douce de surface. Ces dimensions illustrent bien l’importance de ce projet : la gestion durable de ce bassin hydrographique constitue un défi majeur pour un continent marqué par l’incertitude climatique et la sécheresse.
La mise en service du réseau de surveillance intégré, comprenant des stations de mesure météorologiques et hydrométriques, permettra d’améliorer la gestion quantitative et qualitative des ressources en eau. Le niveau et la qualité de l’eau, ainsi que divers paramètres météorologiques, feront l’objet d’un suivi rigoureux.
Le rôle de l’IGN
Pour suivre le niveau d’eau d’un lac, il faut savoir par rapport à quel point zéro la mesure est effectuée. Or, chaque pays riverain du lac Tanganyika a autrefois défini son propre système de référence altimétrique. Une mesure altimétrique réalisée à Bujumbura et une autre à Kigoma ne partent donc pas du même point zéro et il n’existe pas de cadre de transformation immédiatement disponible entre les systèmes nationaux. Par conséquent, il est aujourd’hui difficile de regrouper ou de comparer les mesures provenant des différents pays. De plus, de nombreux points de mesure sur le terrain, sur lesquels reposent ces références, ont entre-temps été endommagés ou ont disparu.
L’idée n’est cependant pas que les pays abandonnent leur propre système. En revanche, une référence commune concernant le lac sera définie, ainsi qu’une méthode de conversion de chaque système national en fonction de cette référence. Les systèmes nationaux pourront ainsi continuer à être utilisés, tandis que les mesures de tous les pays riverains pourront être comparées. C’est la base nécessaire à l’élaboration de modèles hydrologiques et climatologiques cohérents, ainsi qu’à une meilleure compréhension des processus qui influencent le bassin hydrographique.
Le défi est à la fois technique et institutionnel. Outre des mesures sur le terrain, une référence commune nécessite également des accords entre les pays : qui assure la maintenance du réseau, comment les données sont-elles partagées et comment la disponibilité de la référence est-elle garantie à long terme ?
L’IGN gère le cadre de référence géodésique belge et participe, au niveau européen et dans le cadre des Nations unies, à l’harmonisation des systèmes de référence au-delà des frontières nationales. En Europe également, les systèmes altimétriques nationaux ont été reliés entre eux grâce à un cadre commun. L’expérience acquise par l’IGN concernant les aspects techniques et institutionnels de cette question sera utile à la réalisation de ce projet. À cet effet, il travaillera en étroite collaboration avec les institutions nationales des pays riverains, qui seront en fin de compte chargées de gérer la base de référence. Cette approche s’appuie sur des directives internationales, telles que le Cadre intégré d’information géospatiale (UN-IGIF) des Nations unies et les supports de formation du Centre d’excellence géodésique mondial des Nations unies (UN-GGCE).
Avantages à long terme
Outre les avantages directs qu’il apporte à la gestion durable de l’eau dans la région, ce projet offre également diverses opportunités future.
Tout d’abord, cette mission permet à l’IGN de renforcer sa position institutionnelle et diplomatique en tant que prestataire de services géospatiaux reconnu à l’échelle internationale. Le réseau de partenaires de l’IGN, qui est essentiel à ses activités internationales, s’en trouve élargi.
Le périmètre du projet TAKIWAMA actuel ne permet pas la mise en place d’un réseau géodésique entièrement harmonisé. Le projet peut toutefois préparer cet aspect en vue de sa mise en œuvre à un stade ultérieur.
À cet effet, une deuxième mission exploratoire étendra les travaux à la Tanzanie et à la Zambie en 2027. Cette mission précèdera la conférence ministérielle de l’ALT, également prévue en 2027, au cours de laquelle les enjeux, les solutions proposées et une note de l’ALT seront présentés afin d’obtenir un soutien politique. Enfin, une note technique sera rédigée en vue de préparer un élargissement ou une troisième phase du programme dans le but d’harmoniser effectivement le cadre de référence géodésique et altimétrique.
L’IGN propose en outre d’installer des antennes GNSS permanentes à proximité des échelles limnimétriques. Leur mise en place permettrait de densifier les réseaux géodésiques africains et mondiaux (chaîne d’approvisionnement géodésique mondiale). Ces stations contribueraient ainsi à affiner les cadres de référence continentaux et mondiaux (AFREF, ITRF), sur lesquels reposent notamment la navigation par satellite et la cartographie.
Une collaboration fructueuse avec Enabel
L’accord de coopération entre l’IGN et Enabel, l’agence belge de coopération internationale, a été signé début 2025. Fort de son expertise dans le domaine géospatial, l’IGN peut contribuer à des projets d’importance sociale menés par les pays partenaires d’Enabel.
Outre ce projet, cette coopération ouvre également la voie à des initiatives conjointes dans divers domaines d’intérêt commun. Celles-ci portent sur la cartographie des zones forestières et des zones marines protégées, ainsi que sur la réduction des risques de catastrophe et l’élaboration de programmes de formation et de soutien institutionnel liés aux données géospatiales.
Dr LIWENGA Emma Teresa, directrice générale de l’Autorité du lac Tanganyika.
![]() |
![]() |
|
![]() |
![]() |
L’Institut géographique national met une série de ressources en ligne à la disposition du grand public.
Oups! Il semble que vous utilisez un navigateur obsolète. Cela peut garantir que ce site Web ne fonctionne pas correctement. Nous vous recommandons fortement de de prendre la dernière version de votre navigateur préféré . Avec un navigateur récent, vous pouvez surfer en toute sécurité et de manière optimale.