Dans le cadre de la semaine de l’UN-GGIM à New York, l’IGN a œuvré à la participation d’Alexander De Croo, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), à la manifestation parallèle de haut niveau sur l’information géospatiale au service du développement durable. Cette manifestation s’est tenue en marge de la 16e session du Comité d’experts sur la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale (UN-GGIM).

Ingrid Vanden Berghe, Administrateur général de l’IGN, a ouvert la réunion. Plusieurs intervenants de haut niveau se sont ensuite penchés sur une question centrale : comment faire en sorte que l’information géospatiale devienne un véritable levier pour le développement durable et des décisions politiques fondées ?

Outre Alexander De Croo, Bjorg Sandkjaer, Sous-Secrétaire générale à la coordination des politiques au Département des affaires économiques et sociales (DESA) de l’ONU, Tamar Zodelava, vice-ministre de la Justice de Géorgie, et Paula N. B. Cirikiyasawa, secrétaire permanente du ministère des Terres et des Ressources minérales des Fidji, ont pris la parole en tant qu’intervenants.

Des données géospatiales aux politiques publiques

Au cours des discussions, il a été souligné que, alors que le Programme 2030 entre dans ses dernières années de mise en œuvre, il ne suffit plus de démontrer la valeur des informations géospatiales à travers des projets isolés ou des tableaux de bord. Les informations géospatiales doivent être intégrées de manière structurelle dans les processus décisionnels, les infrastructures numériques publiques, les budgets et les services publics.

Alexander De Croo a souligné l’importance du leadership et de l’engagement au niveau national pour faire de l’accès à l’information géospatiale un moteur de progrès. Bjorg Sandkjaer a quant à elle insisté sur le fait que l’information géospatiale doit évoluer d’une capacité technique vers une capacité stratégique en matière de politique publique. En associant l’information géospatiale aux statistiques et à d’autres sources de données, celle-ci peut contribuer à étayer les politiques publiques, à suivre les progrès réalisés et à orienter les investissements vers les priorités nationales.

Les expériences de la Géorgie et des Fidji ont illustré concrètement comment ces évolutions prennent forme. Des réformes juridiques, institutionnelles et numériques permettent d’intégrer les informations géospatiales dans divers domaines de la politique publique, allant de l’administration foncière et des services publics à la résilience climatique et à la préparation aux catastrophes.

Mettre en place des capacités géospatiales durables

Une conclusion commune s’est dégagée des discussions : le défi consiste désormais à aller au-delà des projets fragmentés et des initiatives pilotes pour mettre en place des capacités publiques durables. Cela implique également de passer d’une infrastructure de données géospatiales à une infrastructure de connaissances géospatiales à part entière.

Dans la perspective du Sommet sur les Objectifs de développement durable de 2027 et du programme de développement pour l’après-2030, trois priorités ont notamment été mises en avant :

  • aider les pays à utiliser plus efficacement les informations géospatiales ;
  • démontrer la valeur ajoutée des investissements dans les capacités géospatiales nationales ;
  • intégrer pleinement les informations géospatiales dans l’écosystème plus large des données et des statistiques.

Cette vision cadre parfaitement avec le rôle que joue l’IGN en tant que géobroker fédéral : garantir l’accès à des informations géographiques fiables et interopérables, faciliter leur intégration avec d’autres sources de données et contribuer à leur utilisation pour des décisions politiques fondées.

Les informations géospatiales constituent en effet un levier essentiel pour la réalisation des Objectifs de développement durable, la résilience climatique, la réduction des risques de catastrophes, l’aménagement du territoire et la mise en place de services publics efficaces et performants. Leur pleine valeur ne se révèle que lorsque ces informations sont intégrées dans les politiques, les infrastructures et les investissements qui modèlent notre cadre de vie.

En facilitant la participation d’Alexander De Croo à cette réunion et en contribuant activement aux travaux de l’UN-GGIM, l’IGN contribue à promouvoir l’expertise belge à l’échelle internationale et à renforcer le rôle de l’information géospatiale dans les politiques publiques, tant au niveau national qu’international.