L’Institut géographique national (IGN) apporte depuis de nombreuses années son soutien aux services d’urgence en Belgique en leur fournissant des informations géographiques, des cartes et des applications cartographiques. L’une de ses principales missions consiste à développer et à mettre à disposition une cartographie uniforme et partagée afin que les différents services d’urgence et acteurs concernés puissent coopérer en utilisant la même référence géographique en cas d’incident.
Un outil cartographique national pour les services d’urgence
Depuis décembre 2021, l’IGN offre un outil cartographique en libre-service aux services d’urgence en Belgique. Cet outil leur permet de consulter et d’imprimer des cartes et des atlas en ligne, sans frais.
Il a été initialement développé pour les interventions en cas d’incendies en milieu naturel. Lors de tels incidents de grande ampleur qui mobilisent différents services d’urgence, il est en effet important que tous les acteurs concernés disposent d’une cartographie uniforme et partagée. Aujourd’hui, l’outil est aussi utilisé pour d’autres types d’interventions et lors d’événements.
Cartographie uniforme et partagée
Depuis 2011, l’IGN coordonne et finance le développement d’une cartographie uniforme et partagée pour les services d’urgence, qui repose sur des produits et outils cartographiques développés sur mesure.
La cartographie uniforme et partagée relative aux incendies de végétation a été développée en 2016 et testée de manière approfondie pendant plusieurs années dans le cadre d’exercices multidisciplinaires à grande échelle. Elle a ensuite été mise en production pour l’ensemble de la Belgique et les zones frontalières.
Cette cartographie a désormais été intégrée dans la procédure opérationnelle standardisée (POS) relative aux incendies en milieu naturel en Belgique, à l’usage des pompiers.
Cette approche vise à garantir que les services d’urgence de différentes régions du pays puissent travailler en se basant sur un référentiel cartographique commun, même lorsqu’ils interviennent conjointement lors d’un incident de grande ampleur.
Coopération avec les services concernés
La cartographie nationale est le fruit d’une étroite collaboration entre l’IGN et divers services et organismes concernés, parmi lesquels les services d’incendie, médicaux et de police de toute la Belgique, la Protection civile, la Défense, les services des gouverneurs de Liège, du Limbourg et d’Anvers, entre autres, ainsi que les agences de la Nature et des Forêts de la Wallonie et de la Flandre.
En 2016, des accords de coopération ont notamment été conclus avec ces agences afin de collecter et de partager les données relatives à l’accessibilité des zones naturelles dans l’outil, selon une cartographie uniforme, aux fins de la lutte contre les feux de végétation.
Depuis 2021, l’outil contient ainsi notamment les données de l’Agentschap voor Natuur en Bos pour l’ensemble du territoire flamand. Ces données sont régulièrement mises à jour.
Les données supplémentaires sont également les bienvenues
Pour l’IGN, le principe de base reste que les services d’urgence doivent disposer d’informations géographiques de qualité et uniformes, accessibles au plus grand nombre. L’IGN est donc ouvert à l’intégration de données supplémentaires provenant des services publics wallons, des gestionnaires de terrains et d’autres acteurs concernés, pour autant que celles-ci puissent être intégrées conformément aux normes convenues.
L’objectif n’est pas de laisser coexister des informations dans différents systèmes, mais de permettre aux services d’urgence d’accéder, au sein d’une application nationale unique, à une vision partagée du terrain aussi complète et fiable que possible.
Lorsque des données nouvelles ou actualisées sont disponibles, l’IGN est prêt à examiner, en collaboration avec les partenaires concernés, comment ces informations peuvent être validées, normalisées et, dans la mesure du possible, intégrées à la cartographie nationale.
En ce qui concerne les données provenant de tiers
La fourniture de données à l’IGN est soumise aux accords et conditions habituels relatifs à l’acquisition, à l’utilisation et au partage des données.
L’IGN est disposé à examiner, en collaboration avec les partenaires concernés, si des données pertinentes et à jour peuvent être intégrées dès aujourd’hui conformément aux normes nationales. Si des informations supplémentaires susceptibles d’améliorer la cartographie opérationnelle pour les services d’urgence sont disponibles, l’IGN est explicitement ouvert à la concertation et à la coopération.
L’IGN a également apporté un soutien cartographique direct lors des incendies de 2026
Les services de secours ont utilisé les cartes mises à disposition via l’outil de l’IGN lors des incendies qui ont ravagé les Hautes Fagnes en 2026.
De plus, dans le cadre de son rôle de soutien et avec ses propres ressources, l’IGN a effectué plusieurs vols afin de cartographier la situation au sol.
Ces opérations ont permis de produire des images optiques, dans le proche infrarouge et de thermographie infrarouge, et de les partager avec toutes les parties concernées.
Une cartographie nationale commune reste le point de départ
Lors d’incidents d’aussi grande ampleur que les vastes incendies survenus cette année dans les Hautes Fagnes, des moyens opérationnels provenant de différentes zones de secours du pays sont mobilisés. Dans ce contexte, il est essentiel que tous les services concernés puissent s’appuyer sur un référentiel géographique commun et de qualité. Cela favorise une vision commune de la situation et contribue à une intervention efficace et coordonnée.
L’expérience acquise lors d’incidents de grande ampleur confirme l’importance de cette approche nationale. Fort de cette expérience, l’IGN entend continuer à tout mettre en œuvre pour fournir aux services d’urgence des informations géographiques aussi complètes, à jour et fiables que possible.
L’objectif commun est au cœur de cette démarche : veiller à ce que tous les services concernés disposent des informations adéquates pour coordonner au mieux leurs interventions opérationnelles. L’IGN continue volontiers à mettre son expertise, son infrastructure et ses ressources à disposition à cette fin.