Début 2025, l’IGN et le CERAC avaient déjà alerté sur l’existence d’un risque accru de feux de végétation et le manque de préparation de notre pays. L’embrasement récent des Hautes Fagnes montre d’ores et déjà à quel point la Belgique reste vulnérable malgré les mises en garde et les mesures déjà prises.

En février 2025, le CERAC, le Centre belge d’analyse des risques liés au changement climatique, a publié un rapport intitulé « La Belgique est-elle préparée à faire face à des feux de végétation plus fréquents et plus intenses ? », en grande partie rédigé par l’IGN sous sa supervision.

Ce rapport a mis en évidence que les conditions actuelles, caractérisées par une hausse des températures, des périodes de sécheresse prolongées et une évolution des régimes pluviométriques, ont un impact considérable sur la vulnérabilité du territoire aux incendies. Bien que la Belgique ne soit pas, au sens strict, un pays sensible aux feux de forêt, les conditions météorologiques extrêmes, conséquence du changement climatique, contribuent à accroître cette menace. L’analyse a toutefois montré que la Belgique n’était pas encore suffisamment préparée pour y faire face.

L’incendie qui a ravagé les Hautes Fagnes ces derniers jours montre combien les conclusions du rapport sont d’actualité.

Urgence

La situation exige un nouveau plan d’action assorti de stratégies renforcées en matière de préparation et d’intervention. Le rapport a notamment souligné la nécessité d’investissements ciblés et l’importance d’intensifier la recherche scientifique. Il a également mis en garde contre un manque de capacités au cas où plusieurs feux de forêt se déclareraient simultanément. En outre, il a souligné l’absence de données historiques fiables, ce qui empêche notre pays d’évaluer correctement le risque de feu de végétation.

Des progrès ont néanmoins déjà été réalisés depuis 2025. Selon le CERAC, nous sommes aujourd’hui mieux équipés pour évaluer où les incendies vont se déclarer et disposons également de moyens supplémentaires. La coordination entre les différents niveaux de pouvoir et les zones de pompiers s’est par ailleurs renforcée. Pourtant, cet incendie extrêmement dévastateur a pu se déclarer et se propager pendant plusieurs jours. Il convient avant tout de poursuivre à un rythme accéléré les efforts de rattrapage en matière de préparation.

Pour en savoir plus, lisez l’article de l’RTBF : Quelle prévention, qui pilote et avec quels moyens ? Comprendre l’incendie dans les Hautes Fagnes en 4 questions.

L’importance de la coopération

Les géodonnées sont essentielles à la gestion des crises en général et, dans le cas présent, pour le CERAC, car elles permettent de comprendre avec précision les risques climatiques et environnementaux sur le plan spatial et de les prévoir plus précisément. Grâce à l’expertise de l’IGN en tant que « géobroker » fédéral, le CERAC peut réaliser des analyses solidement étayées sur la perte de biodiversité et les feux de forêt, entre autres, ce qui est essentiel pour l’élaboration d’analyses de risques et de stratégies de résilience de qualité.

C’est pourquoi l’IGN collabore étroitement avec le CERAC depuis fin 2022. Cette collaboration fournit des connaissances concrètes susceptibles de contribuer à une Belgique mieux préparée et plus résiliente face au changement climatique.