Qu’est-ce qu’une coordonnée ?

La coordonnée désigne la position d’un point par rapport à un système de référence. Chaque lieu sur Terre peut être désigné par une coordonnée. La coordonnée est composée de deux ou trois valeurs numériques qui déterminent la position d’un point dans l’espace et représenté, par exemple, sur une carte. Par convention, la première valeur numérique indique la position nord-sud, et la deuxième la position est-ouest Dans un système tridimensionnel, la troisième indiquera la hauteur. Sur la base de ces valeurs, les différents systèmes de navigation et de représentations géographiques peuvent se référer sans ambiguïté au même lieu.

Les coordonnées sont utilisées par de nombreuses applications quotidiennes employées par les citoyens et les organismes privés et publics offrant différents services.  De la navigation routière journalière à celle utilisée pour l’optimisation d’un service de livraison d’un colis ou de l’efficacité d’intervention des services d’urgence à la surveillance spatiale des enjeux climatiques, le citoyen ne se rend pas toujours compte de l’importance de l’alignement des différentes données spatiales.

Projection : d’un solide 3D vers un plan 2D

La Terre est un corps courbe en trois dimensions. Une carte, en revanche, est une surface plane en deux dimensions. La conversion de l’un à l’autre nécessite une opération mathématique appelée la projection. Toute projection implique inévitablement des déformations, que ce soit au niveau des angles, des distances ou des surfaces.

La projection cartographique de Lambert utilisée en Belgique est une projection conique conforme. « Conforme » signifie que les angles mesurés sont préservés lors de la projection, tandis que les distances et surfaces subissent de déformations limitées et prévisibles. Les paramètres sont choisis de manière que la déformation des distances reste minimale sur l’ensemble du territoire belge, avec une déformation maximale d’ environ 8 cm par kilomètre.

Ce type de projection est particulièrement adapté à un pays ayant la taille et la situation géographique de la Belgique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les systèmes de coordonnées belges

Afin de pouvoir combiner correctement des données géographiques provenant de différentes sources, un système de coordonnées commun est indispensable. Sans une telle référence commune, les cartes, plans et banques de données de différentes organisations ne pourraient pas être combinés.

En Belgique, l’Institut géographique national (IGN) est responsable de la définition et du maintien du système de coordonnées officiel. Depuis 1950, trois projections de Lambert successives ont été adoptées comme projections cartographiques officielles :

  • Lambert 1950 (LB50) : le successeur de la projection de Bonne utilisée auparavant, introduit dans le contexte de la reconstruction d’après-guerre.
  • Lambert 1972 (LB72) : amélioration du LB50, fondée sur deux décennies de nouvelles mesures géodésiques sur l’ensemble du territoire belge.
  • Lambert 2008 : le système de référence actuel, basé sur l’ellipsoïde GRS80, également utilisé par les systèmes de navigation par satellite (GNSS). Ce choix nous permet d’éviter des transformations de coordonnées complexes et les pertes de précision qui peuvent y être associées dans le cas des coordonnées obtenues par GNSS. Le Lambert 2008 respecte les directives européennes pour les données spatiales INSPIRE et garantit donc une utilisation compatible des données spatiales provenant des différents États membres.

Outre les trois projections de Lambert, d’autres systèmes de coordonnées sont également utilisés dans le contexte belge ou transfrontalier. On retrouve les systèmes ETRS89, ITRS, WGS 84 et le système triangulaire national néerlandais (Nederlands Rijksdriehoeksstelsel). Un aperçu est disponible sur la page Autres systèmes de coordonnées.

Travailler avec des données historiques : transformation de coordonnées

Beaucoup de données géographiques, plans et archives existants ont été créés dans d’anciens systèmes de coordonnées, notamment LB50 et LB72. Afin de pouvoir continuer à utiliser ces données en combinaison avec des informations actuelles, des méthodes de transformation fiables sont nécessaires.

Pour la conversion de LB72 vers LB08, l’IGN met à disposition l’application en ligne cConvert. Cette application prend en charge le traitement de points individuels ainsi que de listes de coordonnées complètes et intègre une grille de correction qui compense les déformations issues de la triangulation LB72.

Il n’existe pas de formule uniforme applicable à l’ensemble du pays pour la transformation de LB50 vers LB72. Sur demande, l’IGN peut fournir une formule de conversion spécifiquement adaptée à la zone d’étude concernée. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet sur la page Transformation entre systèmes de coordonnées.

 

L’IGN : gestionnaire du système de coordonnées belge

En Belgique, l’Institut géographique national est responsable de la réalisation et de la maintenance du système de coordonnées belge. Cette mission comprend divers aspects : la définition des paramètres officiels de projection et de référence, la gestion du réseau des repères géodésiques, le soutien des conversions de coordonnées et la surveillance de la cohérence entre les systèmes de référence nationaux, d’une part, et les normes européennes et mondiales, d’autre part.

En garantissant un système de coordonnées partagé et précis, l’IGN veille à ce que les données géographiques provenant de sources diverses – vieilles et nouvelles, publiques et privées – restent cohérentes, fiables et utilisables à long terme pour les autorités publiques, les professionnels et la société.

Systèmes de coordonnées belges