La Belgique a joué un rôle de premier plan lors de la 15e session de l’UN-GGIM. Du 7 au 9 août 2025, la quinzième session du Comité d’experts des Nations unies sur la gestion mondiale de l’information géospatiale (UN-GGIM) s’est tenue à New York. Ce comité réunit chaque année des représentants des États membres de l’ONU, des organisations internationales et des experts afin de renforcer le développement, l’intégration et l’application de l’information géospatiale à l’échelle mondiale.

Cette année, la délégation belge était composée d’Ingrid Vanden Berghe, administrateur générale de l’Institut géographique national (NGI), et du professeur Joep Crompvoets de la KU Leuven. La Belgique a apporté une contribution active avec pas moins de huit interventions de fond, qui ont souligné l’expertise et l’engagement de la Belgique dans divers domaines.
Cadre stratégique et renforcement des structures des Nations unies
Au cours de la session, le Cadre stratégique 2025-2030 a été officiellement approuvé. Grâce au soutien et à la contribution du comité régional UN-GGIM: Europe, auquel la Belgique a activement participé, le document a pu être finalisé à temps pour le début de la quinzième session. La Belgique a salué ce nouveau cadre, qui donne une orientation au fonctionnement futur du comité, et a encouragé tous les États membres à ancrer ses principes au niveau national et régional. Dans le même temps, la Belgique a souligné l’importance de disposer de ressources suffisantes pour concrétiser cette vision. Elle a appelé à la protection des fonctions essentielles du Secrétariat de l’UN-GGIM, en particulier dans le contexte des réformes plus larges des Nations unies.
La Belgique, pionnière d’une approche structurelle de la traduction
L’une des décisions concrètes de la session a été la création d’une équipe de traduction placée sous la supervision du Bureau. Cette équipe sera chargée de traduire les documents de référence essentiels du comité, en mettant particulièrement l’accent sur les langues officielles des Nations unies, afin d’améliorer l’accès aux connaissances et aux lignes directrices à l’échelle mondiale.
La Belgique s’est fortement engagée en faveur de cette approche structurelle de la traduction au cours des dernières années. Elle a souligné que la langue ne doit pas constituer un obstacle à la mise en œuvre des accords et directives géospatiaux mondiaux. La délégation belge a joué un rôle de pionnier en rédigeant le Livre blanc dans lequel la proposition d’un réseau de traduction, puis d’une équipe de traduction, a été élaborée. Cette note a été diffusée par l’intermédiaire des comités régionaux et a constitué la base de la décision qui vient d’être officiellement confirmée.
L’intégration de l’équipe au sein du Bureau confère non seulement une structure claire à l’approche en matière de traduction, mais aussi un ancrage solide dans les processus administratifs de l’UN-GGIM. Selon la Belgique, il s’agit d’une étape importante vers une plateforme des Nations unies plus inclusive et plus efficace, dans laquelle chaque État membre, quelle que soit sa langue, a accès aux mêmes informations et directives essentielles.
UN-IGIF : mise en œuvre, financement et traductions
La Belgique a également souligné son engagement au sein du Cadre intégré de l’information géospatiale (UN-IGIF). Elle a salué les résultats concrets obtenus au cours de l’année écoulée, notamment le Sustainable Funding Guide, auquel elle a contribué. Ce guide est considéré comme une ressource importante pour les États membres qui souhaitent définir leur trajectoire UN-IGIF. La Belgique a également plaidé en faveur d’un ancrage structurel du travail de traduction au sein du Bureau de l’UN-GGIM, afin que tous les pays aient un accès égal aux informations essentielles.
Géodésie et coopération mondiale
Dans le domaine de la géodésie, la Belgique a salué la coopération renforcée entre le Sous-comité de géodésie et le Centre mondial d’excellence en géodésie des Nations Unies (UN-GGCE). La Belgique a signé le Multilateral Memorandum of Understanding, qui renforce la coopération internationale en matière d’observations géodésiques.
Lors de la 15e session, la proposition du Sous-comité de géodésie de créer un nouveau groupe de travail sur la protection des fréquences pour les observations VLBI a été accueillie favorablement. Cette protection est nécessaire compte tenu de l’importance de l’attribution des fréquences pour la continuité des mesures géodésiques. L’IGN contribuera également activement à ce groupe de travail.
Avenir de l’écosystème géospatial
En tant que membre de l’équipe de rédaction, la Belgique a contribué au document Positioning the Future Geospatial Information Ecosystem, qui décrit l’écosystème comme un ensemble dynamique, animé par la détermination, l’orientation vers l’humain, le partenariat, la diversité, l’inclusion et l’innovation. Avec la remise et l’acceptation de ce document, le travail de l’équipe de rédaction est terminé et le suivi de ce thème sera assuré par le Bureau et le Secrétariat.
Intégration des informations statistiques et géospatiales
La version révisée du Global Statistical Geospatial Framework (GSGF) a été approuvée lors de la session. La Belgique a salué la structure améliorée et la clarté du document, qui devrait aider les États membres à élargir son application. La Belgique a encouragé une meilleure harmonisation de l’intégration des informations statistiques et géospatiales avec les cadres mondiaux tels que l’UN-IGIF, et a également souligné l’importance de l’accessibilité multilingue.
Administration foncière
La Belgique a salué les résultats concrets obtenus par le Groupe d’experts sur l’administration et la gestion foncières, notamment le rapport sur l’intégration des données foncières et maritimes. La Belgique a soutenu la création d’un Centre mondial pour une administration foncière efficace, qui peut aider les pays disposant de ressources limitées à traduire les cadres internationaux tels que le FELA en actions concrètes.
Noms géographiques UN-GEGN
Dans le cadre de la coopération avec le Groupe d’experts des Nations unies sur les noms géographiques (UN-GEGN), la Belgique a souligné l’importance de la normalisation des noms géographiques et de la préservation du patrimoine culturel et linguistique. Elle a salué le projet commun visant à établir un recueil de bonnes pratiques et a accueilli favorablement l’introduction d’un identifiant unique universel pour les villes, qu’elle considère comme une avancée dans l’infrastructure mondiale des données.
Soutien actif de la Belgique à la gouvernance mondiale des données
Outre ces contributions de fond, la Belgique a également exprimé son soutien actif aux processus plus larges des Nations unies en matière de gouvernance des données. Sous la direction du professeur Crompvoets, la Belgique est disposée à apporter son expertise au nouveau groupe de travail créé au sein de la Commission de statistique sur ce thème. La Belgique a souligné que les informations géospatiales doivent faire partie intégrante des cadres des Nations unies en matière de gestion des données, afin de renforcer la cohérence entre les données statistiques, socio-économiques, environnementales et géographiques.
Perspectives
Avec l’adoption du cadre stratégique, le lancement de nouvelles initiatives et la confirmation de la coopération dans différents domaines, la quinzième session de l’UN-GGIM a jeté les bases de nouveaux progrès pour les années à venir. Lors de cette réunion, la Belgique a non seulement démontré son expertise en la matière, mais a également confirmé son rôle de partenaire fiable et constructif au sein du réseau géospatial mondial.
Hommage à Ingrid Vanden Berghe
Un moment particulier a eu lieu à la fin de la session, lorsque Ingrid Vanden Berghe a été mise à l’honneur pour ses nombreuses années de service en tant que coprésidente de l’UN-GGIM. Elle a reçu un trophée en reconnaissance de son leadership et de sa contribution constructive au travail géospatial mondial.
