L’IGN copréside la 14e session annuelle de l’UN-GGIM
Du 7 au 9 août 2024, la communauté géospatiale s’est réunie au siège des Nations Unies à New York pour prendre part à la 14e session annuelle du Comité d’experts pour la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale (UN-GGIM) autour d’un agenda ambitieux. Dans un contexte global de plus en plus complexe et changeant, les représentants des États membres de l’ONU, dont l’IGN pour la Belgique, ont abordé les nombreux défis et les moyens de tirer parti des opportunités émergentes.
La 14e session s’est tenue à un moment charnière pour l’UN-GGIM qui doit à présent se doter d’un nouveau leadership fort s’il veut pouvoir maintenir l’élan et davantage concentrer les efforts sur la mise en œuvre.
La Belgique reconduite en tant que coprésident de l’UN-GGIM
Comme lors de chaque session annuelle de l’UN-GGIM, un vote des États membres statue à l’ouverture sur l’attribution des rôles de la coprésidence. A l’ouverture de la 14e session, la Belgique représentée par l’IGN a été réélue pour la 5e année consécutive dans ce rôle. Son Administrateur général, Mme Ingrid Vanden Berghe, siégera au côté de Mr Fernand Balé de la Côte d’Ivoire, réélu pour la seconde année consécutive, et de Mme Deirdre Dalpiaz Bishop des Etats Unis qui reprend le flambeau de la représentante du Mexique, Mme Paloma Merodio. Mme Meizyanne Hicks de Fiji a été élue dans le rôle de rapporteur en remplacement de Mr Kamal Outghouliast du Maroc.
Points forts et réalisations de la 14e session
Le bilan des objectifs atteints depuis la création du Comité est positif.
La géodésie, la discipline fondamentale et qui constitue le socle sur lequel repose toute l’information géospatiale, figurait en haut de l’agenda. L’intention de l’Allemagne de prolonger l’accord actuel avec le Centre d’excellence géodésique mondial des Nations unies (UN-GGCE) jusqu’à la fin de 2030 rend compte de la grande qualité de l’expertise et les travaux réalisés par le centre établi à Bonn depuis mars 2023. Pour soutenir ce travail, qui est dépendant de la participation active et des contributions de tous les États membres, les membres de l’UN-GGIM ont souligné l’importance de renforcer l’investissement collectif pour garantir la solidité du cadre géodésique.
La mise en œuvre du Cadre intégré de l’information géospatiale (UN-IGIF) était un autre domaine prioritaire de la 14e session. Les progrès réalisés par les États membres pendant l’année écoulée ont été remarquables, grâce à un leadership fort et une excellente collaboration des divers groupes de travail. En outre, l’important travail de traduction réalisé a permis de diffuser les modèles et l’approche de l’UN-IGIF à un plus grand nombre de pays.
La 14e session a également conclu de poursuivre la collaboration au-delà des limites de l’UN-GGIM, comme c’est déjà le cas pour le Groupe d’experts des Nations Unies pour les noms géographiques (UN-GEGN), les statistiques et les domaines marins. L’intégration des informations géospatiales dans les données statistiques et les liens entre les domaines terrestres et marins demeurent essentiels dans le cadre d’une approche globale et inclusive. De plus, les divers centres d’excellence créés, dans le cadre de l’UN-GGIM, joueront un rôle crucial pour atteindre les objectifs.
Le rapport et les documents afférents sont disponibles sur le site web de l’UN-GGIM.
Intervention de la Belgique lors de la 14e session
Par l’intermédiaire de l’IGN, représenté par son Administrateur général, Mme Ingrid Vanden Berghe, la Belgique a fait part de ses positions officielles sur cinq points de l’agenda :
- La Belgique a souligné l’importance de renforcer les dispositifs de gestion de l’information géospatiale au niveau mondial par le biais d’un leadership fort permettant de soutenir la coconstruction d’un programme ambitieux et adapté aux problèmes complexes vers une exploitation toujours plus optimalisée du potentiel de l’information géospatiale.
- La Belgique a exprimé son soutien à la mise en œuvre du futur écosystème de l’information géospatiale et à sa prise en compte dans les discussions futures sur les nouveaux objectifs des nations unies après 2030. Elle a souligné la nécessité de prendre en compte les contributions d’autres acteurs du secteur géospatial, pour inclure davantage d’expertise et de solutions innovantes et d’ainsi renforcer la capacité collective.
- La Belgique a applaudi le travail impressionnant du groupe de travail de haut-niveau pour la mise en œuvre de l’UN-IGIF. Vu le rôle central du travail de traduction pour la diffusion de l’UN-IGIF, pour lequel la Belgique assure les traductions en français avec l’appui du Canada, la délégation belge a proposé d’analyser comment cette initiative pourrait être mise encore plus au profit des activités de l’UN-GGIM. Par exemple, à travers la création d’un nouveau réseau thématique, un réseau de traduction, renforcé travaillant en étroite collaboration avec le Secrétariat.
- La Belgique a réitéré son appréciation du travail accompli par le sous-comité pour la géodésie et du Centre d’excellence géodésique mondial des Nations Unies (UN-GGCE) au Repère de référence géodésique mondial (GGRF), en insistant sur le renforcement de la liaison entre le UN-GGCE et les groupes de travail géodésie dans les groupes régionaux de l’UN-GGIM, afin de toujours plus synchroniser les efforts et les initiatives.
- Enfin, la Belgique a donné son soutien à la mise en place d’une collaboration entre le Groupe d’experts des Nations Unies pour les noms géographiques (UN-GEGN) et le Comité d’experts des Nations Unies pour la gestion mondiale de l’information géospatiale (UN-GGIM) pour renforcer la capacité à fournir des produits et des services de qualité supérieure.
Perspectives d’avenir
L’UN-GGIM continuera de mettre l’accent sur la diversité, l’équité et l’inclusion et de veiller à les intégrer de manière transversale dans son travail pour garantir une communauté géospatiale mondiale toujours plus inclusive et plus équitable.
Les questions de la durabilité, de l’environnement et de la résilience climatique resteront prioritaires, pour utiliser l’information géospatiale au service d’un avenir durable, pour renforcer les communautés résilientes et réaliser l’ambition de ne laisser personne de côté.
Enfin, l’UN-GGIM continuera de s’atteler à la définition de son plan de travail 2025-2030 qui influencera les politiques de gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale pour les années à venir et permettra de coconstruire les solutions aux défis d’aujourd’hui et de demain. Pour y parvenir, le septième forum de haut niveau sur la gestion mondiale de l’information géospatiale des Nations Unies, qui s’est tenu du 8 au 10 octobre au Mexique sur le thème « Accélérer la mise en œuvre : atteindre la résilience » a représenté un momentum important.
En préambule de la 14e session de l’UN-GGIM, les participants ont pris part à des événements thématiques parallèles et des réunions préparatoires, organisés le 5 et 6 août.
En tant que coprésident de l’UN-GGIM depuis 2020, l’IGN a suivi de près les nombreux dialogues. Les points clés sont disponibles ici.