L’IGN appuie la méthodologie de l’UN-IGIF en Belgique et dans les pays francophones

Approuvé en 2018 par le Comité d’experts pour la gestion de l’information géographique à l’échelle mondiale (UN-GGIM), le Cadre intégré de l’information géospatiale (UN-IGIF)  donne des recommandations pour rendre accessibles et disponibles des données géospatiales de qualité faisant autorité. Il fournit des orientations stratégiques grâce auxquelles des plans d’action spécifiques infranationaux ou nationaux peuvent être élaborés et mis en œuvre pour renforcer la gestion intégrée de l’information en soutien à l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Appui à la mise en œuvre de l’UN-IGIF au Sénégal (2022-2024)

Depuis 2022, l’IGN appuie la mise en œuvre de l’UN-IGIF au Sénégal en collaboration avec la KU Leuven. Ces analyses s’inscrivent dans le cadre du Senegal Cadastre and Land Tenure Improvement Project, financé par la Banque mondiale, dans le but d’évaluer l’infrastructure de géodonnées existante au Sénégal et de formuler des recommandations pour la mise en place progressive d’une infrastructure de qualité, adaptée aux besoins spécifiques et prioritaires du pays.

La première phase du projet a été réalisée par la KU Leuven (sous la direction du professeur Joep Crompvoets) avec le soutien de l’IGN (M. Johannes Van Geertsom, géographe et expert de l’UN-IGIF) et de l’Université Cheikh Anta Diop au Sénégal (sous la direction du professeur Amadou Tahirou Diaw). Cette phase a consisté en :

  • Une analyse générale (évaluation de base) de la gestion des données géospatiales au sens large ;
  • Une évaluation des documents de politique nationaux et internationaux et de leur impact sur les géodonnées.

Ces deux rapports, remis en 2023, ont été très bien accueillis par les principales parties prenantes au Sénégal. Sur la base de cette évaluation positive, un projet de suivi a été lancé fin 2023 et s’est poursuivi en 2024 avec deux tâches clés :

  1. Une analyse d’impact socioéconomique (SEIA) ;
  2. La préparation d’un plan d’action national pour l’infrastructure de géodonnées, basé sur l’UN-IGIF.

Après une coopération intensive entre l’IGN, la KU Leuven et l’Université Cheikh Anta Diop, les deux rapports complémentaires ont été remis officiellement en juillet 2024 et approuvés par la Banque mondiale. Les autorités sénégalaises ont réagi de manière extrêmement positive et les résultats ont été intégrés par le Groupe Interinstitutionnel de Concertation et de Coordination en Géomatique (GICC) dans les préparatifs de la mise à jour du Plan national géomatique (PNG). Cette mise à jour est prévue pour 2025.

Lancement en 2024 d’un groupe de travail sur le processus de mise en œuvre en Belgique de la méthodologie de l’UN-IGIF, en partenariat avec la KU Leuven

Le lancement d’un exercice de l’UN-IGIF pour la Belgique fait suite à une décision du Comité de coordination INSPIRE qui appuie la mise en œuvre de l’Accord de coopération existant entre l’État fédéral et les trois régions pour la coordination d’une infrastructure de données spatiales. Avec sa structure institutionnelle complexe et ses compétences en matière de gestion des données géographiques réparties entre différents niveaux administratifs, la Belgique représente un défi pour une telle analyse. L’IGN y joue naturellement un rôle important, en tant que « geobroker » fédéral et coprésident de l’UN-GGIM pour la Belgique depuis 2020.

Le 11 janvier 2024, une vingtaine de représentants du fédéral, des régions et d’autres organisations qui produisent, intègrent ou utilisent des données géographiques ont participé à une première réunion de travail à la KU Leuven sur la mise en œuvre en Belgique de la méthodologie de l’UN-IGIF. Organisé à l’initiative de l’IGN, en partenariat avec le professeur Joep Crompvoets, cet exercice commun avait pour but d’utiliser l’UN-IGIF pour cartographier la situation actuelle en matière de gestion des géodonnées en Belgique, d’examiner les opportunités et les défis propres au pays et les possibilités d’amélioration. D’une part il s’agissait pour l’IGN d’introduire les participants à la méthodologie de l’UN-IGIF et, d’autre part, de participer activement à la réflexion commune. Par ailleurs, les participants ont pu bénéficier de l’expérience concrète acquise par la KU Leuven dans le cadre du soutien de la Belgique à la mise en œuvre en cours de l’UN-IGIF au Sénégal et à Djibouti, avec le soutien de l’IGN, dans le cadre d’un projet financé par la Banque mondiale.

L’analyse des résultats a mis en évidence certains points dans des domaines clés qui ont été présentés le 19 mars à BeGeo 2024, l’événement de niveau national organisé par l’IGN et entièrement consacré à l’information géographique :

  • Gouvernance : la Belgique est un cas particulier en ce qui concerne la répartition des compétences. Cette particularité ne permet pas de stratégie unifiée à l’échelle de notre pays en matière de géodonnées. Cependant, les différentes entités ont bien leur stratégie.
  • Finances : sans un modèle financier durable, il est impossible de continuer à produire un travail de qualité. Il pourrait être intéressant de commander une analyse d’impact socioéconomique indépendante.
  • Communication : une meilleure sensibilisation du public aux avantages des données géospatiales est nécessaire par le biais d’une stratégie de communication bien établie. Une telle stratégie pour la Belgique n’existe pas à l’heure actuelle.

La qualité de l’exercice dépend d’une bonne représentativité des acteurs du pays en matière de gestion de l’information géospatiale, et cet objectif a été atteint. Le résultat de ce travail en cours pourrait éventuellement inspirer les nouveaux gouvernements dans leurs choix stratégiques pour la politique d’information géographique.

Continuité en 2024 des efforts pour la traduction des documents clés de l’UN-IGIF

L’initiative de traduction des documents de l’UN-IGIF est portée depuis 2022 par un groupe d’États membres volontaires, avec le soutien du groupe de haut-niveau de l’UN-IGIF et du Réseau académique Amériques de l’UN-GGIM. Elle vise à appuyer la mise en œuvre de l’UN-IGIF au niveau global en rendant la méthodologie accessible dans d’autres langues que l’anglais.

La Belgique fait partie des États membres fondateurs (avec l’Arabie saoudite et le Mexique) qui ont élaboré une approche globale permettant de garantir une qualité de traduction équivalente à une traduction officielle de l’ONU. En 2024, les efforts de traduction des documents en anglais ont impliqué 12 États membres volontaires et se sont déployés dans sept autres langues, dont le français qui est une langue officielle de l’ONU. L’IGN, pour la Belgique, a continué de superviser et de participer au travail de traduction vers le français, en étroite collaboration avec le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre . Ces efforts ont permis de rendre accessible aux pays en voie de développement francophones les principaux documents de la méthodologie de l’UN-IGIF, en particulier la stratégie globale et déjà six des neuf voies stratégiques.

Forte de son succès, l’initiative globale de traduction prend de l’ampleur. Lors de la 14e session en août 2024, les membres de UN-GGIM ont reconnu qu’il était important d’assurer l’actualité, la traduction et la publication de l’ensemble des documents de l’UN-IGIF et d’étendre le champ d’action à l’ensemble des ressources approuvées de l’UN-GGIM. En 2025, l’IGN prendra une part active pour appuyer la transition structurelle de l’initiative vers la mise sur pied d’un réseau de traduction étendu.

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